Back to the spit

#2 Batch 01

Pour le rôle

Dir. PIERRE NINEY · FRENCH

François se présente pour passer un casting. Au terme d'un entretien très étrange, il découvre qu'il est en réalité au cœur d'une mise en scène mystérieuse à laquelle il va être forcé de prendre part...

François se présente pour passer un casting. Au terme d'un entretien très étrange, il découvre qu'il est en réalité au cœur d'une mise en scène mystérieuse à laquelle il va être forcé de prendre part...

68/100
Cuisson 63

Audace 70

Saveur 73

“An audition tape that forgot to be a movie, chef.” « Une cassette d'audition qui a oublie d'etre un film, chef. »

Smelled like an existential crisis, tasted like an acting workshop.

The film opens with a secretary wearing a headset who communicates exclusively in aggressive contradictions, a delightfully petty introduction that sets the absurd tone. Francois Civil handles the growing discomfort like an absolute pro, navigating a fluorescent-lit corridor that feels less like a prestigious production company and more like a waiting room for purgatory. The initial setup is remarkably tight, the dialogue snaps, and for a brief moment, you genuinely believe you are in for a truly sharp satire of the industry's inherent sadism. Civil's slow descent into confusion is mapped perfectly across his increasingly desperate smiles.

The casting director then elevates the scene by treating the audition like a psychological hostage situation. (Yes, we all know a director who actually talks like this, confusing emotional abuse with the artistic process.) He sears the tension into the scene by screaming at the top of his lungs for absolutely no reason, then immediately shifting back to a calm, deadpan whisper. It is a wonderfully modulated performance. But once the twist is plated and we realize this is all a scripted test, the film insists on running us through the exact same loop a second time with a new actor. The joke landed the first time, repeating it verbatim just grinds the pacing to a halt.

The second auditioner is a man who firmly believes a fedora, a chunky scarf, and an acoustic guitar are a valid substitute for an actual personality. I must admit, the sudden acoustic serenade of his completely improvised song about knowing nothing about himself is a bizarre garnish I did not see coming. Though, if I leave the performance aside for a second, I spent that entire musical interlude trying to figure out if his hideous blue cardigan was a deliberate costume choice or if he just grabbed it from a lost-and-found bin at a suburban train station on his way to set. He plays the oblivious bohemian well enough, but watching Civil be forced to deliver the exact same abusive dialogue we just sat through feels like chewing on tough gristle.

The final escape from this theatrical loop sends our exhausted protagonist bursting through a graffitied metal door into a sudden, poignant snowfall. Because nothing says "art" quite like stepping out of a comedy sketch into a weather event that clearly belongs in a Russian tragedy. It is a visual non sequitur that tries desperately to add unearned poetry to a fourteen-minute joke. The office interiors were lit like a municipal tax office on a November Tuesday, which worked perfectly for the claustrophobia, but the snowy exit feels like the filmmaker suddenly remembered he had a snow machine rented for the afternoon and refused to let it go to waste.

Ca sentait la crise existentielle, ca avait le gout d'un atelier theatre.

Le film s'ouvre sur une secretaire equipee d'une oreillette qui communique exclusivement par contradictions agressives, une introduction delicieusement mesquine qui donne le ton absurde de la chose. Francois Civil gere le malaise grandissant comme un pro absolu, naviguant dans un couloir sous neons qui ressemble moins a une prestigieuse boite de production qu'a la salle d'attente du purgatoire. La mise en place initiale est remarquablement precise, les dialogues claquent, et pendant un bref instant, on croit sincerement avoir affaire a une satire vraiment tranchante du sadisme inherent a cette industrie. La lente descente de Civil dans l'incomprehension se lit parfaitement sur ses sourires de plus en plus desesperes.

Le directeur de casting eleve ensuite la scene en traitant l'audition comme une veritable prise d'otage psychologique. (Oui, on connait tous un realisateur qui parle reellement comme ca, confondant allegrement maltraitance emotionnelle et processus artistique.) Il saisit la tension a feu vif en hurlant a pleins poumons sans absolument aucune raison, pour revenir instantanement a un murmure calme et impassible. C'est une performance merveilleusement modulee. Mais une fois que le retournement de situation est dresse et qu'on comprend que tout ceci est un test scenarise, le film s'obstine a nous faire subir exactement la meme boucle une seconde fois avec un nouvel acteur. La blague fonctionnait la premiere fois, la repeter mot pour mot fige completement le rythme.

Le deuxieme candidat est un homme intimement convaincu qu'un fedora, une grosse echarpe et une guitare acoustique constituent un substitut valable a une veritable personnalite. Je dois admettre que la soudaine serenade de sa chanson totalement improvisee sur le fait qu'il ne sait rien de lui-meme est une garniture bizarre que je n'avais pas vue venir. Meme si, pour laisser le jeu de cote une seconde, j'ai passe tout cet intermede musical a me demander si son affreux gilet bleu etait un choix de costume delibere ou s'il l'avait juste repeche dans les objets trouves d'une gare de banlieue en venant sur le plateau. Il joue l'artiste de rue insouciant assez bien, mais regarder Civil etre force de debiter le meme dialogue abusif qu'on vient tout juste d'ingurgiter donne l'impression de macher du cartilage coriace.

L'evasion finale de cette boucle theatrale propulse notre protagoniste epuise a travers une porte metallique taguee pour le faire atterrir sous de soudaines et poignantes chutes de neige. Parce que rien ne fait plus "cinema d'auteur" que de sortir d'un sketch comique pour se retrouver dans un phenomene meteorologique qui appartient clairement a une tragedie russe. C'est un hors-sujet visuel qui tente desesperement d'ajouter une poesie non meritee a une blague de quatorze minutes. Les interieurs du bureau etaient eclaires comme un centre des impots un mardi de novembre, ce qui fonctionnait parfaitement pour la claustrophobie, mais cette sortie enneigee donne surtout l'impression que le realisateur s'est soudainement rappele qu'il avait loue une machine a neige pour l'apres-midi et qu'il refusait de la gacher.

Your film could be next on the grill. Ton film pourrait être le prochain sur le gril.